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Fieres et Fiers

21/06/2022

Fieres et Fiers

Améliorons ensemble la situation des LGBTQ+ 

Fiertés et amour : naissance et évolution d’un combat pour la liberté d’être soi-même


L’été se dessine peu à peu entre les averses. Les oiseaux chantent. Les moustiques font leur grand retour annuel. Le tube de crème solaire reste toujours à portée de main. Bientôt, on va dire à papy et mamie d’aller passer du temps dans les magasins frais. Bref, quoi de mieux que de fêter l’amour en juin ! Ce mois-ci, Le Coin du Citoyen vous invite à être fiers et fières de qui vous êtes. 
Dans cet article, on vous propose de retracer en quelques lignes la Grande Histoire de la Pride. 


•    La naissance d’une question de société 
Commençons par le commencement si vous le voulez bien. XIXème siècle, grand siècle du romantisme et des révolutions, un auteur allemand invente le terme “homosexualité”. Auparavant, on parle de relation entre personnes de même sexe et surtout entre deux hommes. Comme souvent dans notre Histoire, les femmes sont niées. Rapidement, le terme prend de bien tristes définitions : “perversion sexuelle”, “maladie mentale” et même “fléau social” dans le Droit français en 1960. 
Très tôt, on essaie de se battre pour un amour plus libre. Oscar Wilde, écrivain britannique sulfureux, est condamné à deux ans de travaux forcés en 1885 pour un ouvrage qui raconte son histoire d’amour avec un homme. Il ne faudrait pas choquer ces messieurs-dames... 


•    L’homosexualité en France après la guerre
André Gide est lui aussi condamné pour son livre Corydon de 1954. La Justice l’accuse de prosélytisme. André Baudry et son Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire et le Groupe de Libération Homosexuelle se battent tout au long des années 1960 pour contredire l’OMS. De fait, en 1968, l’homosexualité entre dans la case des maladies mentales pour la classe médicale internationale. 


•    De la Pride de New York à la première mobilisation homosexuelle en France 
Mais c’est outre-Atlantique où le combat est pleinement lancé. Le 28 juin 1969, une énième rafle de police est lancée contre le bar gay de Stonewall Inn à New York. Cette fois les clients se rebellent. Des heurts éclatent et se poursuivent toute la semaine qui suit dans le quartier de Greenwich Village. Un an plus tard, dans ce même quartier, des milliers de membres de la communauté LGBTQ+ newyorkaise défilent dans les rues pour ce qui sera considéré plus tard comme la première Pride. Les manifestant(e)s ont peur. Ils et elles sont moqué(e)s. Mais le cortège poursuit son chemin sans encombre. 
Déjà à cette époque, on se bat pour l’égalité des droits, le droit de disposer de son corps, le droit à l’éducation, à la Justice Sociale. On se bat aussi contre le racisme. On veut montrer au monde que l’on est fiers et fières de qui on est. 
La télévision française reste perplexe. Un journaliste parle d’une manifestation qui “aurait fait scandale ailleurs”. On évoque les revendications : droit au logement, droit au travail, droit à la politique. Le combat était pleinement lancé et les “Gay and Lesbians Day Parade” se rependront partout en Amérique puis dans le monde.                      
En 1972, le concept s’exporte à Münster en Allemagne. En 1977, la première marche homosexuelle indépendante en France défile à Paris et réunit plusieurs centaines de personnes. Les collectifs lesbiens prennent la tête du cortège. La même année, Harvey Milk est le premier conseiller municipal élu et ouvertement homosexuel aux Etats Unis. Dans sa ville de San Francisco, il se bat pour que toutes les personnes LGBTQ+ puissent “sortir de l’ombre” comme lui et vivre leur vie paisiblement sans répression sociale ou politique. Les mouvements homosexuels et féministes se confondent peu à peu.

 
•    Une visibilité accrue 
De plus en plus de reportages télévisés donnent de la visibilité aux LGBT+ en France. Ils fournissent un tableau assez sombre de la vie des homosexuel(le)s dans l’hexagone. Ils et elles sont souvent rejeté(e)s ou obligé(e)s de se cacher. On se marie aussi pour faire taire le contrôle social. Violence physique comme symbolique sont dénoncées. Au début, on parle surtout des hommes homosexuels.
Des améliorations sont aussi à noter. Elles sont concentrées dans les grandes villes. Les jeunes homosexuel(le)s sortent du silence et de l’isolement mais essentiellement à Paris. Dans la capitale, on parle même de “Drame de la Province”. Dans les milieux artistiques et médiatiques parisiens, les langues se délient vraiment et on commence même à oser se montrer en public. Ça ne plaît pas à tout le monde. On dénonce des “vrais fous”, des quartiers “pourris” par l’arrivée de couples gays. La chaîne YouTube de l’Institut National de l’Audiovisuel spécialisée dans les questions de société compile les reportages qui portent sur le sujet. 
Dans les années 1980, on tente de définir vraiment l’homosexualité ou la bisexualité en France. On lutte contre les clichés de La cage aux folles ou bien on ose l’auto-dérision à l’excès. On essaie de se comprendre. On essaie de détacher de son étiquette d’”homosexuel(le)”. 
Le combat se poursuit. Jean Cocteau le dit : “je n’accepte pas d’être toléré”. Les LGBTQ+ ne veulent plus de l’empathie de l’opinion publique ou des brimades des prêtres et des médecins. Robert Badinter, ministre socialiste de la Justice, œuvre pour la dépénalisation totale de l’homosexualité en France. On peut désormais s’aimer avant 21 ans. Mais, à côté de ça, on continue de se cacher pour conserver son emploi, son logement, sa famille. 


•    De plus belles années 
Les choses avancent lentement en France. La lutte contre le Sida donne plus de visibilité à la communauté LGBTQ+, durement touchée par l’épidémie. Le terme “homophobie” entre dans le dictionnaire et le langage courant dans les années 1990. L'homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS. En 1997, l’Euro-pride se tient à Paris. À cette occasion, des centaines de milliers d’européen(ne)s de tous horizons se réunissent dans la capitale pour dire qu’ils et elles sont fier(ière)s d’être qui ils et elles sont. Des politiciens de gauche et du centre affichent leur optimisme. On parle dès lors d’adoption pour les couples de même genre, de droits de succession et de mauvaises conditions en maison de retraites. Avant l’entrée en dans le XXIème siècle, l’Assemblée nationale vote le Pacte civil de solidarité. Dès 1999, les couples homosexuels sont donc désormais reconnus aux yeux de l’Etat. 
Dès le début des années 2000, la Pride se politise un peu plus. Les élu(e)s défilent aux côtés d’une Marche qui prend de plus en plus d’ampleur en France et dans le monde. En 2001, Bertrand Delanoë est élu maire de Paris. L’ancien porte-parole du PS avait fait son coming-out à la fin des années 1990. De plus en plus à la Pride, on parle mariage et adoption. François Hollande, premier secrétaire du PS soutient tandis que la droite émet plus de réserves. 
Dans les années 2010, les Prides gagnent encore en popularité. Elle s’impose réellement comme un symbole du combat pour les revendications LGBTQ+. Les médias lui accordent de plus en plus de visibilité. En 2013, après de longs mois d’attente mais aussi de protestation, le projet de loi du Christiane Taubira, garde des sceaux, sur Mariage Pour Tous est adopté. L’homophobie gagne du terrain devant la férocité des débats avant de retomber les années suivantes. 


•    Et aujourd’hui ? 
Aujourd’hui, la Pride, c’est toujours un symbole. Tous les ans, elle donne de la visibilité à cette communauté LGBTQ+. Il s’agit de se battre encore et encore pour l’égalité des droits et contre les préjugés qui salissent nos débats. 
Le Rapport 2021 sur les LGBTphobies d’SOS Homophobie compile 1815 témoignages de violence.  Voisinage, famille, école, travail, réseaux sociaux sont toujours, en 2021, des lieux de souffrance et de moqueries pour un certain nombre de français(e)s. Alors, le Coin du Citoyen soutient chaque mesure qui permettra de lutter contre ce vrai “fléau social” qu’est l’homophobie. L'interdiction des thérapies de conversion et la PMA pour toutes sont des revendications qui entrent dans notre projet de société juste. 
Ailleurs, les autorités Tchétchènes massacrent la communauté LGBTQ+. L’homosexualité est passible de la peine de mort dans 12 pays quand d’autres Etats prévoient une peine de prison. En Europe, la Hongrie et la Pologne dérivent doucement vers une homophobie d’Etat. 
Parce que la liberté est universelle, protégeons nos sociétés de cet obscurantisme qui progresse dans nos frontières européennes. Le combat n’est pas terminé. Dès lors, nous avons besoin de vos idées ! Échangez sur nos forums : que faire pour mieux protéger les LGBTQ+ en France ? Comment donner plus de visibilité à cette communauté ? Pourquoi l’homophobie est un danger pour nos sociétés ? La lutte contre les LGBTQphobies doit-elle être un enjeu majeur de la politique en France et en Europe ? Quelles sanctions adopter contre les gouvernements élus et non élus qui discriminent ouvertement les membres de la communauté LGBTQ+ ? Pour protéger les populations locales, doit-on briser le principe de non-ingérence ?

 

 


Pour en apprendre davantage sur les origines de la Pride
•    https://lepetitjournal.com/new-york/comprendre-etats-unis/pride-month-ou-le-mois-des-fiertes-origine-histoire-et-celebrations-americaines-306592
•    https://www.franceculture.fr/histoire/les-emeutes-de-stonewall-aux-origines-de-la-gay-pride
•    https://www.ligneazur.org/ressources/histoire/
•    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_Stonewall
•    https://www.stylight.fr/Magazine/Fashion/Pride-Quest-Ce-Que-Le-Mois-Des-Fiertes/


Pour en connaître davantage sur l’évolution de la situation des LGBTQ+ au cours des XXème et XXIème siècles : 
•    La chaîne YouTube de L’INA Société : Gay Pride, histoire et revendications | Archive INA
•    Être lesbienne en 1982 | Archive INA
•    Une Vidéo de Brut sur 7 dates fondatrices de la cause LGBTQ+ dans le monde : https://www.youtube.com/watch?v=_2cn8bucQuc
•    https://www.liberation.fr/checknews/2018/06/18/l-homosexualite-a-t-elle-ete-depenalisee-en-1791-ou-en-1982_1660079/
•    Portrait d’un grand défenseur de la cause : Harvey Milk
•    Informations diverses sur le PACS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_civil_de_solidarit%C3%A9
Pour un tableau actuel de la situation des LGBTQ+ en France et dans le monde      
•    https://www.sos-homophobie.org/informer/rapport-annuel-lgbtiphobies#RAPPORTLGBTIPHOBIES
•    https://tetu.com/2021/06/25/the-pride-race-course-mario-kart-fiertes-urgence-homophobie/
•    What Russians think about LGBT?https://www.urgencehomophobie.com/
•    https://www.france24.com/fr/20200707-carte-cause-homosexuelle-progresse-lentement-dans-le-monde